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Simon G.

Deux mètres dix
par (Libraire)
28 juillet 2018

Des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 à nos jours, Hatzfeld raconte le destin exceptionnel de quatre athlètes. Il ne s'agit pas ici seulement d'une ode au saut en hauteur ou à l'altérophilie, deux disciplines qu'on pourrait qualifier de mineures et qui sous la plume de Hatzfeld prennent une dimension véritablement épique. Les corps et les esprits des athlètes, disciplinés depuis l'enfance sont marqués par les rivalités politiques des temps qu'ils traversent. Ils résonnent d'une lutte qui les dépasse sans choix possible de renoncer, malgré eux, emportés dans les excès du dopage ou l'anéantissement de leur émancipation individuelle et identitaire. Au-delà de l'épopée ravageuse des compétitions, l'auteur nous fait cheminer jusqu'à nos jours vers l'idéal olympique, l'amitié et le respect des rivaux d'hier.
Comme a pu l'écrire Echenoz avec Courir, Hatzfeld réussit à faire d'un récit sur le sport un grand roman sur l'humanité.

À son image
19,00
par (Libraire)
28 juillet 2018

Antonia réalise enfin sa vocation de reporter-photographe en partant couvrir le conflit des Balkans dans les années 90. Après avoir échappé aux théâtres de guerre les plus violents, elle trouve la mort à son retour sur les routes de France...
A travers la figure protectrice du parrain et prêtre de la cérémonie, Ferrari propose un roman en forme d'oraison funèbre, construisant son récit comme un hommage à la vie de la défunte. Scènes de l'enfance en Corse, évocations de son amour pour un membre éminent du mouvement nationaliste corse et portraits de pionniers de la photographie de conflits alternent pour passer au crible l'ambition d'une humanité obsédée par l'idée de laisser une trace. Entre vérité et vanité de l'image, Antonia a poursuivi une recherche impossible mais nécessaire.
La langue de Ferrari égrène comme un long poème en prose un récit eschatologique parsemé de citations des Écritures, empli d'un désespoir tout agnostique. Un très beau texte.

Le sage des bois
19,00
par (Libraire)
4 juin 2018

Le héros de cette fable légère et burlesque est un jeune étudiant en philosophie de vingt ans, sympathiquement idéaliste mais quelque peu désœuvré, qui peine à se reconnaître dans une société qu'il juge définitivement matérialiste et superficielle. Son livre de chevet n'est autre que le célèbre Walden, de Henry David Thoreau, dont il ne cesse de faire les louanges à qui veut bien l'entendre. En quête d'absolu, Il décide donc de suivre les traces de son modèle et part sillonner les routes de France pour trouver un petit coin de paradis et y installer sa cabane. C'est sans compter les moqueries répétées de ses camarades, les rencontres improbables qui jalonnent son périple, les caprices de la météo et un équipement qui laisse quelque peu à désirer.
Un extravagant voyage à travers la France, dans un roman humoristique brillant et plein d'intelligence. Une lecture qui fait du bien !

Le dernier stade de la soif

Monsieur Toussaint Louverture

13,00
par (Libraire)
12 mai 2018

Originellement publié en 1968 aux Etats-Unis, ce roman autobiographique est rapidement devenu une oeuvre culte dans son pays. Quelque peu passé inaperçu en France lors de sa parution, les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont donc eu l'excellente idée de nous faire redécouvrir ce texte singulier.
Le Dernier stade de la soif est le roman du loser par excellence. Son narrateur, avatar assumé de l'auteur, nous narre avec une ironie mordante son désœuvrement et ses échecs répétés, aussi bien sentimentaux que professionnels. Avec une plume brillante, qui tend constamment vers le pathétique, Exley nous entraîne dans une introspection vertigineuse de son âme meurtrie et de ses questionnements existentiels, mais avec un humour grinçant, une grande finesse psychologique et un cynisme véritablement jubilatoire. Un texte drôle et touchant.

Chroniques...., 1, Un Roi sans divertissement, Un Roi sans divertissement

1, Un Roi sans divertissement

Folio

7,50
par (Libraire)
8 avril 2018

Quelle bien étrange fable que ce roman de Jean Giono, paru en 1947, classique désormais incontournable de notre patrimoine littéraire. Pourtant, il faut bien l'avouer, c'est toujours ce fort sentiment d'incrédulité qui me saisit lorsque j'en lis les premières pages. Car Giono est avant tout un conteur atypique et merveilleux et sa voix est d'une étonnante singularité : reconnaissable entre mille, elle s'affranchit génialement des règles traditionnelles du récit et s'adresse à son lecteur avec ce mélange si particulier de familiarité, de désinvolture et d'intimité.
Il serait bien fastidieux et inutile de se lancer ici dans un résumé détaillé des événements relatés dans cette chronique aux accents discrètement féeriques. Il suffit de savoir que l'histoire se passe dans un petit village imaginaire du Trièves, enfoui sous la neige, au sein d'une nature auguste et majestueuse ; que de mystérieux événements s'y produisent, et qu'un homme étrange et puissant, un certain Capitaine Langlois, erre sur ces terres dont il a fait son terrain de jeu.
De là, il faut se laisser bercer par la poésie de ce conte métaphysique et ne pas tenter d'en épuiser les infinies possibilités de sens. Certes il sera bien question de ces paysages immenses et si précieux pour l'écrivain ; de l'étrangeté des hommes, magnifiques et monstrueux ; enfin, et surtout, de l'ennui existentiel qui nous assaille sans trêve. Mais ce qu'il faut, c'est d'abord s'abandonner à cette voix envoûtante, et si proche de nous.