Maëlle P.

Nouvel an

Actes Sud

20,00
30 août 2019

Roman psychologique

"Parfois, il se dit qu'il y a un truc qui cloche dans sa vie. Si ça se trouve, ce monde en cache un autre, où rien n'a la même signification."
Henning a tout pour être heureux : deux enfants, une femme qu'il aime et un emploi dans une maison d'édition. Pourtant, ces derniers temps, incapable de trouver sa place dans cette vie, il s'enlise dans une angoisse dont il ne parvient pas à identifier l'origine. Alors le premier de l'an, en vacances avec sa famille sur l'île de Lanzarote, il décide de se lancer dans l'ascension d'un flanc de montagne à vélo en signe de nouveau départ. Mais plus Hemming gravit les cols, plus il sonde les profondeurs de sa détresse, comme si l'épreuve physique était là pour révéler le trauma refoulé qui finira par éclater une fois arrivé au sommet. Un roman psychologique où Juli Zeh pose un regard glaçant sur le masque social et les tumultes qui se cachent derrière.

Une éducation
22,00
15 mai 2019

Un témoignage à lire pour mieux comprendre le monde et sa folie

Comment une jeune fille n'ayant jamais fréquenté l'école ou consulté un médecin et ayant reçu une éducation lacunaire de la part de ses parents mormons fondamentalistes et survivalistes va-t-elle réussir à échapper au destin tout tracé qui l'attend ? Par sa force de vie et son intelligence qui lui ouvrent la voie de l'émancipation intellectuelle. Tara découvre alors l'université et la pensée autonome, elle qui a grandi sous l'emprise d'un père enfermé dans ses convictions. La rupture est douloureuse, le combat contre l'ignorance est indispensable et salvateur. Un témoignage qui force l'admiration, à lire pour mieux comprendre le monde et sa folie.

Marx et la poupée
10 avril 2019

Une double appartenance

On fait connaissance avec Maryam quand elle est encore dans le ventre de sa mère, aux premiers jours de la révolution iranienne. L’engagement politique de ses parents contraindra la famille à émigrer en France. C’est là que Maryam va naître une seconde fois, et connaître le désarroi et l’angoisse communs à tout exilé. Avec une construction narrative tout en légèreté et authenticité qui nous fait voyager à différents âges de la vie, Maryam Madjidi nous conte toutes les difficultés inhérentes à l’abandon de ses origines. Comment vivre dans une société investie par nécessité sans se trahir ? Là est toute la souffrance de ceux qui se retrouvent déchirés entre deux cultures, deux langues, deux identités. Une immersion dans la poésie persane qui sert merveilleusement le thème de l’exil.

Je vais rester
10 avril 2019

Un album mélancolique et contemplatif

Roland a scrupuleusement tout programmé pour passer une semaine de vacances à Palavas avec sa compagne Fabienne.
Mais Fabienne se retrouve soudain seule pour faire face à l'improbable.
Que se passe-t-il quand on n'a pas la réaction normalement attendue et dictée par la société à un événement brutal et tragique ?
De ce décalage naît toute la finesse de cet album mélancolique et contemplatif qui souligne l'absurdité de la vie.
C'est dérangeant, mais aussi très beau.

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
34,90
10 avril 2019

Une expérience graphique renversante

Dans son premier roman graphique Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, Emil Ferris, à l'aide de son seul stylo à bille, donne naissance à un univers foisonnant qui mêle adroitement monde réaliste et fantastique.
Son héroïne, Karen, dix ans, étouffe son sentiment de différence sous un masque de loup-garou. L'imaginaire de Karen déborde en effet de créatures plus monstrueuses les unes que les autres mais les véritables monstres, eux, ont un visage bien humain et rôdent partout : dans le cancer qui ronge sa mère, dans les dissimulations de son grand frère Deeze, dans l'intolérance de ses camarades d'école, dans le nazisme qu'a dû fuir sa mystérieuse voisine Anka.
Présenté comme un journal intime crayonné sur un carnet à spirale, Moi, ce que j'aime, c'est les monstres nous livre une expérience graphique renversante qui bouleverse les codes narratifs traditionnels de la BD.
La densité et la force du dessin d'Emil Ferris retracent brillamment l'époque, la culture et la société du Chicago des années 60. Ce mélange inédit de genres et de thèmes a priori éloignés est aussi un formidable éloge de l'art et de la différence. Vivement le deuxième opus !